42

Je ne savais pas que j’avais, quelque part, une jumelle avec qui la vie et la vue allaient sembler plus longues. Nous n’avons pas été bercées par les mêmes bras mais, par les nôtres, elle le sera, cette douleur.

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Je ne savais pas que le Sucre était l’unité monétaire de l’Équateur. J’imagine que, là-bas, les transactions ont un goût de bêtise et des allures de fêtes foraines, riches en malaises et manèges oxydés, riches de dépenses inutiles… L’argent, ses manques et excès, plombe souvent les sourires ; mais, à l’avenir, si le compte en banque est…

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Je ne savais pas que l’expression « pleurer comme une Madeleine » faisait référence à Marie de Magdala, désespérée face au tombeau vide du Christ, et non pas – sacrilège ! – au petit coquillage pur beurre, que certains amateurs trempent dans le thé. Je veux bien admettre que penser Jésus disparu à jamais puisse causer du chagrin,…

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Je ne savais pas que, dans l’art des fleurs japonais, à chaque fleur était attaché un domestique particulier qui en lavait les feuilles selon une technique spécifique, adaptée à la singularité du végétal. Si tous les vivants avaient la même déférence pour ce qu’ils mettent en terre, il y aurait sans doute moins de pots…

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Je ne savais pas que la fleur de lys avait son adjectif : « fleurdelyssé ». L’absence d’espace entre les trois pétales du mot initialement composé me donne envie d’effleurer la langue, me rappelle que j’ai le spleen  – de ta main qui ne retire plus mes épines, de ta peau, de tout ton corps enfin, qui ne tient plus…

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Je ne savais pas que Hayange était une ville, encore moins une ville française (par sa sonorité, j’aurais même plutôt imaginé quelque parenté géographique avec le Gange). Comme quoi, rien ne vaut l’élection d’un maire d’extrême-droite pour se faire un peu de publicité. Bonne ou mauvaise, je laisse, à terme, la réponse aux Hayangeois et…

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Je ne savais pas m’endormir, ne sais plus m’éveiller, au grand dam du jour – qui se lève en emportant les draps et mes paupières ; tous, froissés par la nuit lassée de m’étreindre –, ce jour que je voudrais éteindre.

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