22.11.22

C’est décidé, j’arrête l’aquabike et me lance corps et âme dans la lutte sur pieuvre. Très populaire aux États-Unis dans les années 60, elle n’attendait que mon infatigable poigne pour revenir tout de go sur le devant de la scène.

Les règles sont simples : d’abord, trouver une étendue d’eau salée et une combinaison néoprène. Ensuite, il suffit de savoir nager dans une eau assez peu profonde (si vous croisez un poisson abyssal, remontez immédiatement : vous êtes allé trop loin), retenir sa respiration le plus longtemps possible et ouvrir grand les yeux (un seul si vous souffrez de strabisme, sans quoi vous risqueriez, à l’instar de votre œil, de partir sur une mauvaise piste). Ne reste plus qu’à dénicher alors le céphalopode, l’arracher de son habitat naturel, le remonter de force à la surface et, dans un dernier effort, se dégager des tentacules — ce que j’ai toujours fait, en somme, avec ma tête et mes pieds, ainsi que d’autres mollusques moins vivaces. J’ai donc la prétention, oui, de remporter bientôt plusieurs victoires olympiques : c’est qu’il me faut des résultats rapides, sinon l’encre sèche.

Le prête-plume a les mains sales, lui fis-je remarquer, comme le stylo fuit entre ses doigts depuis la première incise.


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