05.09.22

En tout tripier sommeille un cœur, qu’il ne manque pas de vendre sur son étal. Où quelques ris et autres pâles amourettes, sinon le guérissent, du moins en réhaussent la couleur.

S’il fait bien quelques entailles ici et là, elles ne sont jamais plus larges, non, que le sourire qu’il déploie en pensant à ses premières amours dont il gravait les initiales avec un canif. Sur des os à moelle.

Vêtu d’un tablier rouge vif où les taches se confondent, c’est un grand sentimental qui sauve tout ce qu’il peut de la farce et du gâchis — quand vient le soir, aussi fume-t-il jusqu’au purin son cigare Aristocrat. Seule la tripe fait passer le goût des entrailles, disait son père. Il lui aura tout appris.

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