20.05.22

Après quantité de recherches non concluantes à propos de la fabrication du kombucha — littéralement « thé d’algues kombu », plus connu en tant que « boisson santé », âcre pour certains, houblonnée pour d’autres —, je finis par comprendre mon erreur (elle n’était pas de frappe). Afin d’obtenir cette pétillante potion issue de la culture symbiotique de bactéries et de levures (gloups), il n’était pas question pas d’élever une « mer de kombucha » (une grande bleue portative bien sûr, disons de la taille d’une grande bassine ou d’une petite baignoire, où les ingrédients devaient faire trempette, à mon sens, jusqu’à devenir tout fripés, éventuellement auprès de quelques algues décoratives) mais une « mère de kombucha » (oups).  

Une révélation qui détrône à ce jour d’autres découvertes majeures ayant jalonné mon existence, par exemple celles du sac à viande, de l’huile de coude et de la scie iguane (oui, bon, égoïne).

De préciser que je ne suis pas seule dans cette galère. Une amie m’avait franchement induite en erreur : elle n’arrêtait pas de parler de son petit Scoby (qui n’était donc pas le surnom de Scoubidou, son chien saucisse ! mais bien l’acronyme de Symbiotic Culture Of Bacteria and Yeast) et ne manquait jamais une occasion d’évoquer la mer, le nez collé à la paroi du récipient en verre où flottaient fruits secs et restes de levures mortes, comme on le fait habituellement tout contre l’aquarium plein de poissons encore vivants, bientôt kaput. Elle s’occupait si bien de sa mer à vrai dire que même Scoubidou était jaloux. Aussi la recouvrait-elle d’un vieux linge à carreaux pour la protéger de la poussière tout en laissant passer l’air afin que mer ne devienne pas marécage — que le torchon en lin ne se change pas en linceul davantage.

(A ce jour, reste une question de taille sans réponse à la hauteur : qui est donc la mère du petit Scoby ?)