20.02.21

Sur mon bureau trône ce bouton rouge dans un écrin, bouton que j’enfonce volontiers quand j’ai soif d’aventure. Sous mon siège, la trappe s’ouvre alors, ou reste close. C’est plus excitant encore que de rebrancher le téléphone, composer un numéro au hasard, jeter un mégot dans la poubelle, laisser brûler la bougie près des rideaux, étouffer la cocotte-minute sur le feu, siffler un animal dangereux, sonner chez le voisin psychanalyste, traverser la ville en fermant les yeux ou mettre le doigt dans la gueule du chien qui passe par là. Oui, encore plus grisant qu’ouvrir la porte sans regarder par le judas !

(Quand j’ai soif d’autre chose, c’est avec moins d’enthousiasme dans ce cas que j’ouvre le réfrigérateur ou bien remplis la bouilloire — de l’eau glacée sinon trop chaude. Cela dit, je suis tout à mon service et ne me sers que sur un plateau d’argent : sous mon toit, je suis quelqu’un d’important.)

Oh, cette année, pas de foire ! N’a-t-on donc pas d’autre choix que d’aller en montagne pour prendre de l’altitude ? Que signifie donc ce manège ? Où va-t-on vivre des émotions fortes à la fin ? où briser les tympans ? et avec qui jouer à se faire peur ? Un train fantôme avec de vrais fantômes, ce n’est pas du jeu ! Qui va-t-on bien pouvoir mordre ?

Pour soulever le cœur, il ne nous reste plus qu’à marcher sur les mains, boire du pur jus d’ortie, ou brusquement prendre un virage. Aussi faudra-t-il trouver d’autres attractions — l’électricité statique ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.