15.11.20

Mon amie imaginaire est une vieille branche désormais. Par la force des choses, je produis plus d’oxygène que je n’en consomme, commence à étouffer dans ma camisole d’écorce.

Je fais du surplace depuis si longtemps que j’ai parcouru tous les sous-sols, et bientôt percerai les croûtes les unes après les autres. Je traverserai l’asthénosphère et me blottirai dans son épais manteau. Si mes calculs sont bons, je devrais atteindre le noyau quand mes feuilles auront des dents, ou que j’en aurai perdu quelques-unes. Enfin au centre de la terre, nul doute que je mourrai de chaud.

Dans ma course verticale, je veille à suivre de près mes racines, aussi à ne pas perdre haleine. Toujours attentive au diaphragme, je respire la bouche grande ouverte. Une bouchée pour papa, une pour maman, une pour mon poisson mort, le chat euthanasié, la voix qui a tort, et ainsi de suite jusqu’à satiété.

Je rencontre parfois quelques séismes pour qui le verdict est sans appel : je souffre d’aérophagie. On me dit que je l’ai bien cherché. Au fond, rien n’est perdu, me voilà rassurée : je savais bien que l’air se cachait quelque part !

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