14.11.20

Je clique avant de claquer la porte. Quitte mes pénates, traverse à peine la ville jusqu’au service de retrait. Marche droit vers ce que j’ai fait mettre de côté. On ne peut plus compter sur personne pour se prolonger.

Sans surprise, on me tend donc le plat du jour – plat comme un plongeon qui aurait mal tourné – et une île flottante qui commence sérieusement à couler. Les serviettes en papier ressemblent à des feuilles humides sur lesquelles on aurait pu glisser si l’on s’aventurait encore sous les arbres indociles.

Tout se passe comme prévu ; c’est con, j’étais parée pour tout l’inverse. Le vent finit par se calmer. Il se plie essoufflé à ma lenteur. Épouse ma scoliose comme un sac à dos qui n’aurait jamais quitté mes épaules. Enfin je collecte les minutes, les répartis en petits sachets. Je les offrirai à ceux qui me bousculent.

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